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chega
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MessageSujet: articles intéressant    Mar 17 Fév - 20:16

Abdelhamid Larbi cherif, « Une action militaire en Libye est une perte de temps »

Le développement de la situation en Libye est un scénario qui arrange le couple Occident-Israël. Une alliance contre le monde musulman qui utilise pour arme le courant salafiste. C’est l’une des convictions du colonel Abdelhamid Larbi Chérif, expert en terrorisme, qui s’est confié à L’Expression dans cet entretien.
L’Expression: Après l’exécution des 21 Egyptiens coptes, Le Caire a bombardé les positions des groupes de l’Etat islamique et appelle l’ONU à intervenir en Libye. Quelles pourraient être les conséquences d’une escalade militaire en Libye sur le Maghreb?
Abdelhamid Larbi Chérif: L’opération de traitements d’objectifs terrestres par des vecteurs aériens égyptiens ce matin à 6h13 mn, suite à l’exécution horrible par la horde de Daesh de 21 Egyptiens enlevés respectivement huit en mois de décembre et 13 en mois de janvier, était, selon le commandant des forces aériennes libyennes, en coordination avec les Egyptiens sur deux centres de formation et sites de stockage d’armement et munitions.
L’appel du ministre égyptien des Affaires étrangères Samah Choukri à une intervention musclée par les Nations unies est pour mettre un terme à l’expansion de Daesh en Libye qui s’appuie sur un constat de terrain, à savoir que la situation en Libye est chaotique. Depuis la chute du régime de feu El Gueddafi, ce pays a vu proliférer plus de 2000 milices armées et entre 200.000 à 250.000 hommes armés, dont 8000 salafistes djihadistes. A cette situation, s’ajoute une guerre fratricide entre Libyens. Les forces du général Haftar, les milices de Fadjr-Lybia et les différentes milices se disputent le contrôle des richesses. Cela d’une part. D’autre part, les conflits d’intérêt des différends des services de renseignement qatari, soudanais, turc, égyptien et français alimentent les tensions. De fait, l’expansion de Daesh est un grand souci pour la région du Maghreb et surtout pour l’Algérie et la Tunisie avec des informations qui circulent sur le retour de centaines de djihadistes tunisiens, libyens et marocains de Syrie via la Turquie. Cela en sus des connexions avec des réseaux dormants dans les pays du Maghreb. La situation est assez critique.
L’Algérie appelle à une solution politique inter-libyenne. Les conditions sont-elles réunies pour ce faire?
Je pense qu’une chance existe pour arrêter les hostilités entre Libyens et surtout avec la montée en puissance de Daesh qui n’accepte pas le partage ni les alliances et qualifie tous les autres groupes de mécréants. Il existe, c’est ma conviction, une lueur d’espoir pour sauver la Libye. Je pense que les Etats-Unis vont faire pression pour régler le conflit et ramener les belligérants à la table des négociations, comme le souhaite l’Algérie.
Tous les observateurs et surtout de nombreuses nations concernées de près ou de loin par ce qui se passe en Libye, estiment que le temps joue en faveur des terroristes et qu’il faut frapper, avant qu’il ne soit trop tard. Une telle option est-elle viable?
Une action militaire en Libye est, bien au contraire, une perte de temps. Il faut travailler pour l’instauration d’un gouvernement. La seconde étape sera de renforcer l’armée libyenne. Ce sera à elle de conduire les actions armées contre les terroristes. Une alliance sans les Libyens risque d’empirer la crise et donner plus de légitimité à Daesh. Cette organisation passera pour une armée de résistance contre des envahisseurs. Il n’y a pas mieux pour renforcer ses rangs par des vagues de contingents extrémistes. Au-delà de ces aspects très importants, il faut faire la part des choses entre vitesse et précipitation.
Les Français qui disent avoir réussi leur intervention militaire au Mali, pensent rééditer l’opération en Libye. Pensez-vous que cela est réalisable, compte tenu du contexte libyen?
Les Français sont incapables d’organiser une intervention militaire en Libye. Ils veulent diriger une coalition avec des troupes africaines, sur un financement arabe, dont l’Algérie serait partie prenante. C’est leur souhait. L’Occident mettrait les bombardiers de l’Otan. Mais ce voeu sera très difficile à réaliser, ne serait-ce que parce que l’Algérie s’oppose à une intervention militaire en Libye.
Dans le cas d’un embrasement de la Libye, quelle devrait être, selon vous, l’attitude de l’Algérie?
L’Algérie a adopté une politique préventive par le renforcement de la surveillance de ses frontières avec ce pays. Cela a permis une paralysie quasi totale des mouvements des terroristes entre les pays. Cela a été rendu possible par un déploiement impressionnant de moyens humains et techniques. Il faut se préparer à faire face à toute éventualité ou débordement de la guerre, mais tout en se gardant d’intervenir en territoire libyen. Un autre point très important, est en rapport avec une préparation efficace et sérieuse du front intérieur à travers la sensibilisation de la population sur la gravité de la situation.
Dans ce contexte, l’Italie menace d’intervenir militairement en Libye. Si cela se produit, quelles en seraient les conséquences sur le Maghreb?
Les Italiens qui sentent la menace plus que tout autre pays européen, veulent conduire une coalition destinée essentiellement à empêcher la propagation de la menace. Mais je pense que les voeux sont une chose et la réalité du terrain est une autre. Pour le Maghreb, contrairement à l’Algérie qui a les moyens de faire face, je pense que nos frères tunisiens courent un risquent bien plus grand. La politique suivie par le parti islamiste Ennahda, au pouvoir dans ce pays durant la transition politique, a encouragé quelque 3000 Tunisiens à partir en Syrie. Tous ces jeunes sont une bombe à retardement.
Quelle pourrait être l’influence future de Daesh au regard de la montée en puissance de Boko Haram en Afrique subsahélienne?
Boko Haram a un champ d’action qui se limite entre le centre de l’Afrique et le Sahel, dans l’Afrique noire il ne sera pas admis au Nord mais Daesh compte se propager dans tous les pays du monde arabo-musulman.
Des foyers de violence sont entretenus au Maghreb (Libye et Sahel) et au Machrek (Irak, Syrie et Yémen). Comment analysez-vous ce parallélisme que le hasard seul ne peut expliquer?
Le travail des services de renseignement des anciennes puissances coloniales est orienté dans le sens de profiter de nos richesses et nous maintenir à leur service.
Ces services de renseignement ont trouvé dans le courant wahhabite matière à entretenir une sorte de guerre permanente dans tout le monde islamique. Les salafistes qui traduisent la pensée wahhabite dans tous les pays ciblés par l’alliance entre les anciennes puissances coloniales et les sionistes, ont fait que ces derniers ont vu dans l’interprétation faussement rigoriste de l’islam une faille qu’ils instrumentalisent depuis des décennies. Il faut savoir, à ce propos, que les salafistes ne croient qu’à la doctrine de l’Alwalae (allégeance). Le dogme est complexe, mais pour simplifier, disons que les salafistes considèrent tout être humain, hors allégeance de mécréant. Cette accusation s’étend jusqu’aux gouvernements de pays musulmans. De fait, la guerre sainte s’impose à tout le monde en dehors du courant salafiste. De là est né le concept de takfir. Et dans la hiérarchie des mécréants, les chiites sont au sommet. Pareille doctrine arrange, en premier lieu, les Occidentaux et leurs alliés israéliens, car cela suppose des guerres à l’infini. Le plan du Grand Moyen-Orient imaginé par l’administration Bush et mis en oeuvre par celle d’Obama, vise à morceler les pays arabes, de sorte qu’Israël les domine tous. Les moyens déployés doivent justifier la fin, telle que la souhaite l’Etat hébreu. L’exploitation des divergences linguistiques et religieuses pour diviser et encourager la discorde a donné l’Irak d’aujourd’hui, de même que le Liban très fragile, la partition du Soudan, et dans un futur proche, la Libye… En résumé, je constate que les pays qui ont participé aux côtés de l’Egypte et la Syrie dans la guerre des Six-Jours, en 1973, contre Israël, sont en train d’en payer le prix.

http://www.algerie360.com/international/abdelhamid-larbi-cherif-une-action-militaire-en-libye-est-une-perte-de-temps/
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