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 Techniques de contre-insurrection.

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Zoubir8
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MessageSujet: Techniques de contre-insurrection.   Sam 7 Juil - 6:51

S'il y a une cinquantaine d'année, les insurrections visaient à l'indépendance de pays colonisés, pas mal d'insurrections de nos jours sont des mouvements terroristes s'attaquant à des civils.

Un article du blog secret défense de Libération.

29/07/2010

Livre : les trois "Principes de la contre-insurrection" et leurs limites

Il faut lire "Principes de contre-insurrection",
le livre que trois colonels, Hervé de Courrèges, Emmanuel Germain et
Nicolas Le Nen, viennent de publier. Il faut le lire car les trois
auteurs, forts de leurs lectures et de leurs expériences
opérationnelles, illustrent "l'indispensable dynamisme de le pensée militaire",
comme l'écrit l'amiral Guillaud, chef d'état-major des armées, dans la
préface de l'ouvrage. Il faut le lire, surtout - ce qui est mon cas - si
l'on reste sceptique sur cette idée de contre-insurrection. Car il
s'agit d'une présentation, à la fois claire, nuancée et courte, qui
entend poser quelques bases pratiques.

S'inspirant de Galula et du Field Manual 3-24 américain, nos trois auteurs ont identifié trois principes de la guerre de la guerre contre-insurrectionnelle : "la légitimation de l'action, l'adaptation au contexte local et la marginalisation de l'ennemi". Prudents, ils reconnaissent que "l'application
de ces trois principes n'a pas été la cause directe de la victoire des
forces régulières, leur non-respect a toutefois provoqué leur échec"
.
Condition nécessaire mais pas suffisante, ces trois principes sont
longuement décrits à partir d'exemples historiques. Les trois colonels
ne repèrent que de "rares succès", trois en l'occurrence : les
Américains aux Philippines et les Britanniques en Malaisie et en Irlande
de nord. C'est maigre. Ailleurs, ce fut l'échec, par exemple en Algérie
avec les Français, un cas sur lequel on aurait aimé que les auteurs
s'étendent un peu plus. Rien non plus, ou presque, sur la Tchétchénie.

A lire l'ouvrage, on se rend compte que les guerres
contre-insurrectionnelles ne sont qu'un nouvel avatar des guerres
coloniales. Elles seraient en rupture avec le "modèle occidental de la guerre", qui consiste à " anéantir l'adversaire". Adieu Foch, Good morning general Petraeus !

Arrêtons nous un instant sur le premier principe, la "légitimation
de l'action". "Cette légitimité sera à conquérir en premier lieu auprès
de sa propre opinion publique, puis auprès de celle de ses alliés et
enfin au sein de celle du pays dans lequel elle agira".
Etrange idée que d'avoir à "conquérir"
une légitimité auprès de sa propre opinion publique : il pourrait
sembler que cette légitimité était un préalable qui justifiait
l'engagement militaire. Mais comme le reconnaissent les auteurs, "l'opinion
est versatile". "Il est donc indispensable de faire appel au plus vieux
ressort de la guerre pour légitimer une intervention
contre-insurrectionnelle : la préservation de la sécurité de la
population".
Une telle approche n'est pas sans poser de problème. Car, si "les
adversaires des démocraties occidentales ont très vite identifié quel
était le centre de gravité de leurs ennemis, leur opinion publique",
toute information qui agit sur l'opinion publique, sans aller dans le sens voulu par les partisans de la guerre, devient ipso facto,
une collaboration aux objectifs de l'ennemi. Pour les connaître, on ne
soupçonnera pas les auteurs d'ambitions liberticides, mais leur
raisonnement en contient les prodromes.

La guerre contre-insurrectionnelle conduit automatiquement les
militaires à investir le champ politique, dans leur propre pays et là où
ils interviennent. Ce n'est pas sans risque et d'abord pour eux. Les
auteurs pointent "l'indispensable coopération entre le décideur
politique et le chef militaire dans la conception et la conduite de ce
type de conflit (...)
qui "a parfois conduit à une politisation du corps des officiers et provoqué des dissensions entre les armées et le gouvernement".
Là encore, on eût aimé que les trois colonels s'étendent un peu plus
sur le cas français en Algérie. Dans sa préface, le chef d'état-major
des armées est bien conscient des risques lorsqu'il écrit "que ce
n'est pas parce que les armées de contre-insurrection ont des mobiles
essentiellement politiques que les armées doivent se politiser
".

Les deux autres principes d'adaptation au contexte local et de
marginalisation de l'ennemi mériteraient de notre part d'aussi longs
développements. Les auteurs plaident ainsi pour la "perméabilité à la culture d'autrui, sans jamais perdre de vue les objectifs politiques de sa propre société". Quant à elle, la marginalisation de l'ennemi nécessite "un contrôle rigoureux du terrain" qui nécessitent des effectifs importants.

On comprend que la contre-insurrection soit aujourd'hui si populaire
dans les cercles militaires, notamment de l'armée de terre. Elle
justifie le maintien d'effectifs importants dans l'infanterie et permet
de participer aux conflits actuels dans le cadre de "l'approche globale"
- ce qui est une façon de ne pas endosser la responsabilité de l'échec
éventuel, puisqu'il est sans cesse clamé que la victoire ne peut être
militaire. Reste que la politisation inévitables des armées dans le
cadre de ce type de conflit est un vrai risque, dont il est n'a pas
certain, au vu des maigres résultats pointés par les auteurs eux-même,
que le jeu en vaille en chandelle. Surtout lorsqu'on risque de se brûler
les doigts avec la même chandelle. Notre histoire ne l'a que trop
montré.

Hervé de Courrèges,
Emmanuel Germain, Nicolas Le Nen, "Principes de contre-insurrection"
Editions Economica, 114 pages, 19 euros.


Rédigé le 29/07/2010 à 11:18 | Lien permanent
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Zoubir8
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MessageSujet: Re: Techniques de contre-insurrection.   Sam 7 Juil - 7:32

La contre-insurrection l'autre victime de l'Afghanistan


Par Isabelle Lasserre
Mis à jour le 30/03/2012


Le 15 mars dernier, des soldats français de l'Otan lors d'une opération militaire dans la province de Kaboul, en Afghanistan.
Crédits photo : SHAH MARAI/AFP

Conjuguant des approches sécuritaires, politiques et économiques,
la doctrine de contre-insurrection vise à rallier les populations en les
isolant des insurgés grâce à un travail de protection des civils et de
formation des forces locales.



En 2008, elle avait été présentée comme un remède miracle à la
guerre. Tel le génie d'Aladin, elle devait réaliser tous les vœux de la
coalition. Conjuguant des approches sécuritaires, politiques et
économiques, la doctrine de contre-insurrection, utilisée par les
Français en Algérie et en Indochine, vise à rallier les populations en
les isolant des insurgés grâce à un travail de protection des civils et
de formation des forces locales.
Au début de la guerre, en 2001,
la contre-insurrection avait pourtant mauvaise réputation. «Les
militaires français faisaient un blocage psychologique, à cause de
l'Algérie», explique un officier supérieur. Quant aux Américains, ils ne
voyaient pas l'intérêt de mener ce type de guerres réputées longues et
coûteuses, persuadés que l'alliance des forces spéciales, de la
technologie et de la puissance aérienne suffirait pour gagner. Depuis
1945, les conflits de contre-insurrection ont duré en moyenne quatorze
ans, selon une étude de la Rand Corporation.
Ce n'est qu'après les
échecs successifs de la coalition que la doctrine
contre-insurrectionnelle - COIN en anglais - s'est imposée en
Afghanistan. «Elle est devenue une mission par la force des choses,
quand les talibans ont réinvesti les parties orientale et australe du
territoire», écrivent les chercheurs Jean-Jacques Patry et Nicole
Vilboux dans un essai pour la Fondation pour la recherche stratégique
(FRS).
De longues années perdues. «La politique des débuts a
produit des effets tactiques -le départ des talibans de Kaboul -, mais
elle n'a pas eu de résultats stratégiques décisifs», explique le colonel
Michel Goya, chercheur à l'Institut de recherche stratégique de l'École
militaire (Irsem).
Pourquoi? Les choix initiaux - prendre pour cible tous les talibans au
lieu de se focaliser sur al-Qaida - se sont avérés improductifs. Les
Américains ont sous-estimé la capacité d'adaptation des insurgés.
Accaparés par la guerre en Irak, ils n'ont pas vu qu'ils se
réimplantaient dans les provinces pachtounes. Ce n'est qu'à partir de
2008 que la doctrine française de contre-guérilla, qui entre-temps fut
appliquée avec succès en Irak par le général Petraeus, est réinventée à
Washington pour l'Afghanistan.
Quatre ans plus tard, force est de
constater qu'elle n'a pas tenu ses promesses. Les talibans ont repris le
contrôle dans les provinces, les attentats se multiplient et l'annonce
du départ des troupes étrangères sonne comme un aveu d'échec.
L'assassinat de quatre militaires français par un soldat afghan, les
émeutes qui ont éclaté après l'incinération d'un coran, le coup de folie
d'un sous-officier américain ayant tué 16 civils: l'actualité nous
montre à quel point la confiance, qui doit servir de socle à la
contre-insurrection, paraît brisée entre les Afghans et les troupes
étrangères.
«La contre-insurrection n'est efficace que si on s'en
donne les moyens», résume le général Vincent Desportes, ancien patron de
l'École de guerre. En Afghanistan,
elle a été appliquée de manière incomplète, trop tardivement et après
huit ans de tâtonnements. Les techniques de contre-guérilla exigent de
solides effectifs humains. En Algérie, Paris avait envoyé 450.000 hommes
pour 8 millions de personnes, soit un militaire pour 20 civils. Pour
pacifier la zone pachtoune et ses 12 millions d'habitants, il aurait
fallu 600.000 hommes. On est loin des 130.000 militaires de l'Otan en
Afghanistan. «La poussée démographique est l'un des problèmes de la
contre-insurrection moderne. Les échelles de population ne sont plus les
mêmes qu'avant», explique le colonel Goya.
Jeter le bébé avec l'eau du bain

En
Irak, le succès du «surge» avait été permis par le retournement des
tribus sunnites contre al-Qaida. En Afghanistan, les forces étrangères
n'ont pas réussi à gagner la confiance de la population. Les méthodes
agressives des soldats américains et la multiplication des bavures sont
entrées en contradiction avec les principes de la guerre
contre-insurrectionnelle, qui doit «gagner les cœurs et les esprits»,
empêchant le basculement des populations civiles. Autre explication de
l'échec: «Au XXe siècle, la contre-insurrection s'appuyait sur la
consolidation de l'État, considéré comme une source de modernité et de
progrès. Or, en Afghanistan, l'État hôte fait défaut, privant d'objet
les stratégies de conquête du soutien populaire», notent Jean-Jacques
Patry et Nicole Vilboux. En s'appuyant sur les impopulaires seigneurs de
guerre, en soutenant des institutions faibles et corrompues, la
coalition a indirectement freiné la constitution d'un État digne de ce
nom. Elle a donné des arguments aux talibans, qui dénoncent le régime
«pourri» de Kaboul.
Exhumée avec réticence des guerres de
décolonisation, la contre-insurrection pourrait bien faire les frais de
l'aventure afghane. Dans les états-majors, elle semble déjà passée de
mode. Ceux qui l'encensaient n'en parlent plus. Les autres annoncent sa
prochaine disparition. «Elle est en train de vivre ses derniers jours»,
prédit un officier de l'armée de terre.
En pleine crise
économique, alors que les budgets de la défense sont passés au rabot,
elle exige des moyens, humains notamment, que la France ne peut plus
guère s'offrir. «Les armées françaises ne sont plus capables de mener
seules une guerre de ce type. Elles ne peuvent plus avoir que des effets
tactiques. Nous ne pourrions pas refaire l'Algérie. Dans le camp
occidental, seuls les Américains ont encore les moyens de mener une
telle campagne», regrette un colonel français.
À Paris, la
tentation de considérer la guerre en Libye comme un modèle
d'intervention dessert aussi les intérêts de la COIN. «La Libye est un
cas d'école. C'est un peu l'hypothèse idéale», estimait récemment le
ministre français de la Défense, Gérard Longuet. Une guerre zéro mort -
pour les soldats de la coalition - sans bavure et qui n'a pas coûté trop
cher.
De là à «jeter le bébé avec l'eau du bain», il n'y a qu'un
pas, que de nombreux officiers de l'armée de terre ne veulent pas
franchir. «Croire qu'on peut régler les sales guerres sans envoyer
d'hommes au sol est une illusion. Si nous avons gagné en Libye, c'est
parce que les opposants ont fait le boulot au sol. Une guerre, quels que
soient les moyens utilisés, se termine toujours à terre», rappelle un
responsable militaire.
Les méthodes de contre-insurrection restent
selon lui éternelles. Dans la période d'incertitude stratégique qui
s'annonce, avec le développement d'organisations non étatiques, elles
ont théoriquement encore de beaux jours devant elles. D'autant que la
prolifération des armes, l'affaiblissement des instruments régaliens et
les nouvelles technologies de l'information donnent à ces organisations
des capacités nouvelles. «Il faut se méfier des effets de mode»,
prévient un officier général. La puissance militaire américaine est
telle que l'armée de terre aura toujours les capacités de répondre à
toutes les menaces et de réinvestir rapidement dans la
contre-insurrection en cas de besoin. La France n'a pas les mêmes moyens
de remontée en puissance…
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MessageSujet: Re: Techniques de contre-insurrection.   Sam 7 Juil - 7:48

excellent zoubir8 d'ouvrir le débat sur la contre-insurrection, l'un des principaux sujet d'études dans les écoles de commandement et d'état-major occidentales.

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MessageSujet: Re: Techniques de contre-insurrection.   Sam 7 Juil - 7:49


Le nouveau manuel US de contre-insurrection


AUTEUR: Álvaro de Souza Pinheiro, 19 mars 2007





Traduit par Traduit par Fausto Giudice





Une
armée professionnelle d’occupation peut-elle battre une insurrection
s’appuyant sur le peuple du pays occupé ? Éternel problème des armées
impériales. Les Britanniques l’ont expérimenté en Afghanistan tout au
long du XIXème sièce, en Irak et en Malaisie au XXème siècle, les
Français en Indochine et en Algérie, les Japonais en Chine et les USA en
Indochine. Les théories de la contre-insurrection ont été développées
par les penseurs militaires britanniques puis français. Il aura fallu
une trentaine d’années après la cuisante défaite du Vietnam pour que les
penseurs militaires US osent enfin lever le tabou et élaborent un
manuel pour affronter le problème qu’ils rencontrent en Irak et en
Afghanistan, où ils ne parviennent pas à venir à bout d’une guérilla
menée par des forces extrêmement mobiles, connaissant bien le terrain et
ancrées dans la population. Ce manuel s’appelle en toute simplicité «
Counterinsurgency » - contre-insurrection – et il nous est présenté par
un général brésilien qui ne peut cacher son admiration mais exprime
néanmoins des doutes sur les possibilités pour l’armée US de battre
l’insurrection en Irak et en Afghanistan. (NdT)



Fait
inédit et extrêmement significatif dans l’histoire militaire
contemporaine US, les commandements de l’Armée de terre du Corps des
Marines ont publié le 15 décembre 2006 un nouveau manuel qui établit la
doctrine la plus récente sur les opérations militaires de
contre-insurrection.
Le fait que le FM 3-24 (US Army Field Manual) et
le MCWP 3-33-5 (Marine Corps Warfighting Publication) constituent une
seule et même publication - “Counterinsurgency”- démontre amplement
l’importance désormais acquise par la mise au point d’une doctrine
commune en matière de contre-insurrection pour la conduite des combats
au sol contre des forces irrégulières.
Le nouveau manuel ambitionne
de combler un vide qui se faisait sentir depuis longtemps dans les
forces armées US. Le dernier manuel spécial de contre-insurrection de
l’Armée de terre avait été publié il y a vingt ans et celui des Marines
il y a vingt-cinq ans. Le thème de la contre-insurrection a été vu avec
un grand mépris par la grande majorité des professionnels US, éduqués et
formatés dans le contexte de la guerre conventionnelle, laissant son
étude à des niches spécifiques, surtout les Forces spéciales.
Les
prémices de base de l’élaboration de ce nouveau manuel ont été que
l’actualisation de la doctrine militaire, même si elle ne devait pas
ignorer les acquis historiques, devait désormais prendre en
considération les expériences contemporaines les plus récentes, acquises
sur les théâtres d’opérations d’Afghanistan et d’Irak.
Le manuel a été élaboré au US Army Combined Arms Center de Fort Levenworth au Kansas, sous la direction du
Général David H. Petraeus qui,
commanda la 101ème Division aéroportée durant l’Opération Iraqí
Freedom. Il est évident que ce n’est pas pure coïncidence que le
General Petraeus, à peine achevée l’élaboration de ce manuel, ait été
nommé commandant des Forces de la coalition en Irak, fonction qu’il
occupe depuis janvier 2007.



Considérations générales
La
nouvelle orientation doctrinale précise qu’aussi bien l’Armée de terre
que le Corps des Marines reconnaissent que les insurrections, au fil du
temps, ont chacune son contexte et ont donc chacune des caractéristiques
propres, ce qui n’est pas étonnant. L’idée force est que l’on ne peut
affronter des fondamentalistes radicaux islamiques de la même manière
que l’on avait mené le combat contre le Viet Cong (Vietnam) ou les Moros
(Philippines).
L’application de principes et de fondamentaux dans le
combat contre chacun de ces groupes présente des différences
considérables, principalement en fonction de la différence entre les
environnements opérationnels. Il n’en reste pas moins que toutes les
insurrections, y compris celles qui ont lieu actuellement, qui sont
caractérisées par des matrices éminemment adaptables, possèdent des
certaines caractéristiques communes.
Il s’agit de conflits qui se
développent au milieu de la population civile non combattante, avec une
forte présence de forces irrégulières, lesquelles, bien qu’extrêmement
hétérogènes dans leurs capacités, recourent toutes à des idées-force
standardisées et mènent leurs actions dans un contexte expressément
révolutionnaire, dont le grand objectif est la chute du régime en place
et la prise du pouvoir par l’emploi de la subversion e de la lutte
armée.
Tous ces aspects sont examinés tout en tenant compte d’un
facteur aggravant pour la conduite complexe de la stratégie militaire
US, à savoir que les opérations de contre-insurrection doivent être
menées sur le territoire de « Pays hôtes » (Host Nations”), c’est-à-dire
des nations alliées qui reçoivent des USA des moyens humains et
matériels destinés à leurs forces armées, pour affronter les
insurrections.
Le nouveau manuel veut établir des lignes directrices
doctrinales pour la conduite d’une campagne de contre-insurrection.
Campagne qui, selon les conceptions les plus récentes, doit être
planifiée et menée dans un contexte mixte d’offensive, de défensive et
d’opérations de stabilisation, exécutées en présence de lignes
opérationnelles diversifiées.
Des forces engagées dans des campagnes
de ce type, en plus d’être dotées d’aptitudes particulières au combat,
doivent être en mesure de reconstruire des infrastructures de base, de
rétablir des services publics essentiels ainsi que des institutions
gouvernementales fiables et des forces de sécurité locales capables de
maintenir l’ordre.
C’est l’équilibre entre activités militaires,
essentiellement opérationnelles, et civico-sociales, apparemment
antagoniques entre elles, qui peut assurer le succès d’une telle
campagne.
Le manuel préconise que la conduite efficiente et efficace
de campagnes de contre-insurrection exige des unités de combat, un appui
au combat et une logistique éprouvés, flexibles, adaptables à divers
théâtres et surtout, dirigés par des commandants agiles, culturellement
bien informés et astucieux.
Il faut garder présent à l’esprit que,
bien que les récentes interventions militaires US depuis la fin de la
Guerre froide aient inclus des campagnes à forte connotation
non-conventionnelle, comme celles de Panamá (1989), Somalie (1992.1993),
Haití (1994), Bosnie (1995), Kosovo (1999), Afghanistan (depuis 2001)
et Irak (depuis 2003), en général, les opérations contre des forces
irrégulières n’ont suscité qu’indifférence tant de la part des
responsables de la politique de sécurité nationale que parmi ceux
chargés délaborer la doctrine militaire US depuis la fin de la Guerre du
Vietnam, il y a plus de 30 ans.



Guerres anglo-afghanes (1819-1939)

Le
nouveau manuel vise à renverser cette tendance et constitue un document
d‘orientation de la planification et de l’exécution d’opérations de ce
type, en particulier à l’échelon des bataillons et au-dessus (brigades,
divisions et corps d’armée).



Synthèse de la structure et du contenu

Le
manuel commence au chapitre 1 –“Insurgency and Counterinsurgency”- par
une description approfondie et bien étayée des bases fondamentale qui
ont marqué l’évolution des insurrections et leurs conséquences sur les
processus de contre-insurrection. Il ressort qu’en fonction de
l’indiscutable supériorité militaire US dans le domaine conventionnel,
ses ennemis potentiels développent des techniques, des tactiques et des
procédés de guerre irrégulière, afin de créer des environnements
opérationnels typiques des conflits asymétriques, où se mêlent la
technologie moderne et des méthodes anciennes d’insurrection et de
terrorisme.
Il apparaît que ce serait une grave erreur stratégique
de tenter de vaincre de type de menace par les moyens conventionnels
traditionnels qui mettent l’accent sur la manoeuvre et la puissance de
feu massive et concentrée. On souligne que l’expérience réelle a
démontré qu’une telle conception conduit habituellement à l’échec. Après
avoir analysé des aspects très particuliers de l’actualité, comme par
exemple les connexions fortes entre insurrections, terrorisme et crime
organisé dans diverses parties du monde, le chapitre 1 énumère une série
de principes de base indispensables à la conduite d’opérations de
contre-insurrection, concluant par une approche objective et comparative
des pratiques opérationnelles qui ont réussi et de celles qui ont
échoué.
Dans le chapitre 2 –“Unity of Effort: Integrating Civilian
and military Activities”- le manuel présente une vision de la
participation indispensable d’organisations non-militaires, qu’elles
soient gouvernementales ou non, dans les campagnes de
contre-insurrection, s’attachant aux techniques et procédures facilitant
l’indispensable intégration entre activités civiles et militaires.
Afin
d’optimiser le partage des responsabilités, sont pris en considération
des aspects particuliers, comme l’établissement de mécanismes
d’intégration entre civils et militaires, avec une prédilection pour le
“Civil Military Operations Center” (CMOC), indispensables pour mener à
bien un effort de contre-insurrection.


Dans
le chapitre 3 –“Intelligence in Counterinsurgency”-, le manuel se
concentre par séquences sur les caractéristiques de l’activité de
contre-insurrection : l’incontournable préparation en matière de
renseignement à réaliser sur le théâtre opérationnel avant toute
opération ; les aspects essentiels de planification et d’exécution
d’opérations de renseignement,de reconnaissance et de surveillance
; les
aspects essentiels de contre-renseignement et de contre-reconnaissance
comme moyens essentiels de protection de la force ; et le collaboration
en matière de renseignement avec d’autres agences, notamment celles du
pays où l’on agit. Dans ce chapitre, est martelée la maxime selon
laquelle, dans une campagne de contre-insurrection bien menée, il est
impératif que “le renseignement conduise les opérations ».
Dans le
chapitre 4 –“Designing Counterinsurgency Campaigns and Operations”- le
manuel décrit en profondeur les questions essentielles à examiner dans
la méthodologie que nécessitent les diverses phases de planification des
campagnes de contre-insurrection. Le chapitre contient des annexes
mises à jour sur le déroulement du “travail de commandement”, au moment
de la planification au niveau des bataillons et au-dessus.




Vietnam, 1967

Dans
le chapitre 5 –“Executing Counterinsurgency Operations”- le manuel met
l’accent sur les fondamentaux essentiels de la conduite d’opérations de
contre-insurrection, abordant par séquences le type d’opérations; les
lignes opérationnelles logiques dans la contre-insurrection; et les
considérations essentielles dans les diverses approches du modèle
employé. Il souligne que les opérations doivent être conduites en
prenant en considération la vision holistique de l’environnement
opérationnel qui se présente, en ayant toujours à l’esprit la nécessaire
“intégration du commandant” et en ne perdant pas de vue la « situation
finale désirée ».
Dans le chapitre 6 –“developing Host-Nation
Security Forces”- le manuel aborde le problème complexe et crucial du
développement des forces de sécurité du pays hôte. On y discute les
questions les plus significatives par rapport aux défis à relever, aux
moyens à employer et à une définition parfaite de la situation finale
désirée. On accorde une importante toute particulière à la formation de
forces de police locales efficientes et efficaces ainsi qu’à leur rôle
dans la campagne de contre-insurrection.
Dans le chapitre 7
–“Leadership and Ethics Counterinsurgency”-, le manuel aborde les
questions relatives au leadership et à l’éthique dans la
contre-insurrection. Sur la base d’expériences vécues très récemment,
dont certaines extrêmement négatives et traumatisantes, sont exposés les
principes de base pour orienter le leadership aussi bien aux échelons
les plus élevés qu’aux plus bas. .
Dans ce contexte, les
considérations éthiques qui sont particulièrement mises en relief
concernent surtout les relations avec la population et le personnel des
diverses institutions du pays hôte. On aborde en particulier la
conduite différenciée à observer dans les actions de combat et dans les
actions policières de contrôle de la population et des ressources ; les
procédures à suivre pour réduire au minimum les pertes dans la
population civile non combattante, y compris en assumant les risques que
de telles procédures impliquent. On trouve aussi des considérations
essentielles de caractère éminemment éthique, sur des règles à observer
en permanence et en priorité lors de la capture et de l’interrogatoire
d’éléments suspects. Deux parties de ce chapitre sont impressionnantes
de par l’accent mis sur les considérations : « Limites dans la détention
» et « Limites dans les interrogatoires ». La préoccupation pour les
valeurs éthiques et morales impliquées dans le contexte du dilemme posé
par l’extraction d’informations de prisonniers, visant à réduire les
pertes dans ses propres forces, est abordée avec un réalisme sans
pareil. Il fau remarquer que dans aucune autre publication doctrinale
US, les problèmes de ce genre n’ont été abordés avec un tel réalisme,
une telle adéquation et une telle pertinence. Et il est évident que le
processus de recueil d’expériences est en train de donner des résultats
bénéfiques significatifs.
Dans le dernier chapitre, le chapitre 8
–“Sustainment” (Appui logistique)- le manuel contient des considérations
sur l’appui logistique qu’il faut développer dans les campagnes de
contre-insurrection. Les principes généraux de base sont examinés
objectivement; l’attention est attirée par les considérations émises
dans la partie “Contracted Logistic Support” (Soutien logistique
sous-traité), concernant la manière de sous-traiter les activités
logistiques, y compris à des entreprises du pays hôte. Ici aussi, il
s’agit d’un thème qui n’avait jusqu’ici jamais été examiné aussi à fond
d’un point de vue doctrinal.
Le manuel est complété par cinq
appendices : Appendice A- Un Guide pour l’ action; Appendice B- Analyses
sociales et autres outils analytiques; Appendice C- Soutien
linguistique; Appendice D- Considérations juridiques ; Appendice E- La
force aérienne dans la contre-insurrection. On trouve également une
bibliographie spécifique, un glossaire des termes militaires et des
références militaires.





Conclusion
La
réception du manuel Counterinsurgency” est actuellement excellente, non
seulement dans les forces armées US, mais aussi dans la plupart des
forces armées du monde occidental. Une grande partie des armées de
l’OTAN est justement en train de reformuler ses propres manuels, en
prenant comme base le nouveau manuel US.
Il ne faut pas voir dans
l’accueil fait à ce manuel un événement ayant des conséquences
politiques. Il ne fait pas de doute que nous avons là le document de
doctrine en matière de contre-insurrection le mieux élaboré que l’on ait
jamais vu dans le monde occidental. Et ce n’est pas le fruit d’une
coïncidence qu’il ait été conçu comme fruit des leçons tirées de
campagnes extrêmement complexes qui ont exigé un important tribut du
sang, aussi bien de professionnels que de civils non combattants, dans
diverses parties du monde et à diverses époques.
Les ennemis
potentiels et latents des USA cherchent toujours plus à développer des
tactiques, des techniques et des méthodes pour tenter d’échapper aux
formes traditionnelles et conventionnelles qui caractérisent la
formidable et, plus que jamais, inégalée puissance militaire US.
Les
points de vulnérabilité qui sont apparus dans des campagnes historiques
aux résultats adverses comme au Vietnam, au Líban et en Somalie ont
orienté les menaces actuelles asymétriques qui basent la poursuite de
leurs objectifs sur la subversion, la guérilla et le terrorisme, sans
déprécier pour autant les avancées technologiques comme, par exemple,
celles fournies par Internet.
La vérité est que les conflits armés
actuels du XXIème siècle, caractérisés par la présence intensive de
forces irrégulières, souvent motivées par un fanatisme religieux
dramatique, mêlées à des masses de population de nuances diverses, sont
en train de démontrer clairement que la victoire ne peut pas dépendre
des seuls facteurs militaires, bien au contraire
Le nouveau manuel
qui vient de sortir matérialise un effort important pour reconnaître que
les campagnes de contre-insurrection doivent être développées sur le
long terme, et que la victoire ne se mesure pas au nombre d’éléments
irréguliers capturés ou tués ni au nombre d’attaques quotidiennes
victorieuses. Il faut avant tout faire preuve de patience et de
détermination dans la poursuite des objectifs, qualités que la société
US n’est pas toujours disposée à démontrer.
Plus que « gagner la
guerre », ce qui est fondamental aujourd’hui, c’est « gagner la paix ».
C’est là le grand fondamental qui synthétise toute l’expérience
recueillie dans ce nouveau manuel. Mais, bien que ce soit sans aucun
doute l’objectif de cette magnifique publication militaire
professionnelle, rien n’assure que les USA atteindront pleinement leurs
objectifs nationaux actuels, tant sur le plan mondial, dans leur «
Guerre mondiale contre le terrorisme » qu’au plan régional, sur les
théâtres d’Afghanistan et d’Irak.




Source : defesanet
Álvaro
de Souza Pinheiro est général de brigade de réserve de l’armée
brésilienne et analyste militaire spécialisé dans les opérations
spéciales et la guerre irrégulière.
Traduit par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour
la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout
usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en
respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.
URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=2353&lg=fr

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MessageSujet: Re: Techniques de contre-insurrection.   Sam 7 Juil - 7:52

rimonidz a écrit:
excellent zoubir8 d'ouvrir le débat sur la contre-insurrection, l'un des principaux sujet d'études dans les écoles de commandement et d'état-major occidentales.

Merci pour votre remarque.
Quand on voit ce qui se passe en Syrie et quand on voit les menaces d'Aqmi, je me dis que le sujet est d'actualité. Même si ce qu'on peut trouver sur le Net ne correspond pas forcément exactement aux cas cités (Aqmi, ...).
Mais bon, à chacun de proposer des textes, des idées.
Encore merci.
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MessageSujet: Re: Techniques de contre-insurrection.   Dim 15 Juil - 15:41

Sur différents terrains de combat où se livrent des guerres asymétriques, l'hélicoptère est de plus en plus utilisé.
Quelques retours d'expérience trouvés sur le Net.

Enseignement
n° 1.
Les hélicoptères contribuent grandement à la mobilité et à la sûreté de la manoeuvre aéroterrestre sur des théâtres aux infrastructures
limitées et face à un ennemi recourant aux embuscades mais se déplaçant exclusivement par voie terrestre.


Enseignement
n° 2.
Le faible nombre d’appareils
disponibles et les capacités d’emport
exercent
une contrainte majeure sur les armées européennes.


Enseignement
n° 3.
Les canons constituent l’armement le
plus utilisé par les hélicoptères
de
combat américains en Irak. Leur précision en fait un outil adapté
à des engagements dans
lesquels les combattants ennemis sont imbriqués avec les combattants
amis ou des civils.


Enseignement
n° 4.
Les hélicoptères d’attaque ont un
effet dissuasif pour les combattants
ennemis.
De plus, leur présence rassure les troupes au sol.


Enseignement
n° 5.
L’hélicoptère n’est pas
seulement un outil au profit de la manoeuvre
et
du combat. Il peut aussi servir à l’acquisition du renseignement
et être utilisé comme plateforme
de commandement selon les besoins des troupes au sol et les
contraintes de la mission.


Enseignement
n° 6.
Moins bien protégés que les blindés
et plus exposés que les avions,
les
hélicoptères sont des cibles vulnérables.


Enseignement
n° 7.
Les armes légères constituent la
principale menace pour les hélicoptères
en
opération sur le théâtre afghan. Par contre, les dégâts les plus
importants sont le fait
de RPG.


Enseignement
n° 8.
Si la menace MANPADS (lance-missile
antiaérien portatif) est réelle,
le
risque d’escalade demeure modéré. Cependant, à plus ou moins
long terme, en raison de
la diffusion des savoirs et savoir-faire ainsi que des rivalités
interétatiques, la menace MANPADS
ne pourra que se développer.


Enseignement
n° 9.
Les MANPADS ont eu en Afghanistan, durant
la guerre contre les
Soviétiques,
un rôle surtout indirect, exerçant une contrainte sur les
hélicoptères et diminuant
leur efficacité opérationnelle.


Enseignement
n° 10.
Les accidents et incidents non
hostiles (toutes origines confondues) sont
la première cause de destruction d’hélicoptère. En revanche, le
ratio perte
d’hélicoptères/
nombre
de morts montre que les risques mortels sont plus importants suite à
une action
hostile en zone de combat.


Enseignement
n° 11.
Pour des combattants disposant de peu
d’armes sol-air et confrontés
à
la supériorité aérienne ennemie, détruire les aéronefs au sol a
été privilégié dans les affrontements
de la fin de la Guerre froide. La diffusion des systèmes de vision
nocturne et
la protection des bases aujourd’hui limite cependant ce mode
d’action.


Enseignement
n° 12.
L’utilisation d’armes lourdes
contre des hélicoptères requiert de
pouvoir
se déplacer en sûreté. La maîtrise des airs et les capteurs des
forces armées occidentales
limitent l’emploi de ces armes et les insurgés privilégient les
armements légers
et transportables par un ou plusieurs hommes.


Enseignement
n° 13.
Les guerres asymétriques sont un
affrontement des volontés dans
lequel
il faut – plus que dans les conflits classiques – croire et faire
croire car, pour le faible,
la victoire militaire est impossible.


Enseignement
n° 14.
Même s’il est réel, l’impact
des images ne doit pas être exagéré.
L’élément
essentiel est la réaction des hommes politiques et le sens donné à
l’engagement sur
un théâtre.


Enseignement
n° 15.
Détruire ou endommager un
hélicoptère par une action militaire
directe
n’est qu’une manière de le rendre inopérant. D’autres
approches « périphériques » sont
envisageables, centrées sur le pilote ou les flux logistiques.


Enseignement
n° 16.
Face à la menace des ALI,
sur-blinder l’hélicoptère ne constitue
qu’une
réponse partielle. Une solution consiste à développer des systèmes
de détection qui
permettent de mener des manoeuvres d’évasion ou d’éliminer le
tireur ennemi et d’intégrer ces
systèmes en amont dans le développement des plateformes.



Enseignement
n° 17.
Les systèmes de protection contre les MANPADS sont
aujourd’hui efficaces
face aux menaces rencontrées sur les théâtres. Reste que cette
avance doit être maintenue,
surtout dans l’hypothèse d’une prolifération de missiles de
nouvelle génération.


Enseignement
n° 18.
Les réponses techniques ne sont
qu’une partie des réponses
possibles
face aux menaces sur les théâtres. Des réponses opérationnelles
sont aussi mises en
oeuvre, en fonction des solutions techniques à disposition de la
force armée et des concepts
d’emploi.


Enseignement
n° 19.
La protection d’un hélicoptère
repose sur trois domaines : une
réduction
de la probabilité d’être détecté, une réduction de la
probabilité d’être touché, et une
réduction de la probabilité d’être détruit.


Enseignement
n° 20.
L’hélicoptère lourd est essentiel
en contre-insurrection, alors que
les
parcs vieillissent et que les flottes européennes sont insuffisantes
lorsqu’elles existent.


Enseignement
n° 21.
En l’état actuel des capacités
techniques mises en oeuvre, le drone
apporte
déjà une plus-value aux hélicoptères. Il réduit les risques pour
les équipages et assure
une plus grande permanence sur zone. À plus long terme, en raison de
sa discrétion, il
peut devenir une extension de l’hélicoptère, démultipliant ses
capacités, notamment face à
un ennemi fugace.





ACM
:
action civilo-militaire.


ALAT
:
aviation légère de l’armée de Terre française.


ALI
:
arme légère d’infanterie.


AQMI
:
Al-Qaïda au Maghreb islamique.


CAS
:
appui feu par avion (Close Air Support).


CCA
:
appui feu par hélicoptère (Close Combat Attack).


DETHELICO
:
détachement hélicoptères.


DRM
:
direction du renseignement militaire.


EFP
:
explosifs à effet dirigé (Explosive Formed Projectiles).


EWS
:
système de guerre électronique (Electronic Warfare
System).


FAC
:
contrôleur aérien avancé (Forward Air Controller).


FOB
:
base avancée (Forward Operation Base).


GTIA
:
groupement tactique interarmes.


HFI
:
indicateur de tirs hostiles (Hostile Fire Indicator).


HMA
:
Hélicoptère de manoeuvre.


HRA
:
Hélicoptère de reconnaissance et d’attaque


IED
:
engin explosif improvisé (Improvised Explosive Device).


ISR
:
renseignement, surveillance, reconnaissance (Intelligence,
Surveillance, Reconnaissance).


JATAS
:
système de détection des menaces (Joint and Allied Threat
Awareness).


JTAC
:
contrôleur de l’appui aérien (Joint Tactical Attack
Controler).


MANPADS
:
lance-missile antiaérien portatif (Man
Portable Air Defense Systems).


PSYOPS
:
opérations psychologiques.


RETEX
:
retour d’expérience.


ROE
:
Rules of Engagment.


RPG
:
lance-roquettes portatif (Rocket-propelled
grenade).


SAFIRE
:
tirs d’armes légères (Small
Arms Fire).


SAM
:
Surface air-missile (missile anti-aérien).


SBS
:
Special Boat Service.


TAVD
:
tir au-delà de la vue directe.


Liste
dINnesII


Dernière édition par Zoubir8 le Mar 17 Juil - 11:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Techniques de contre-insurrection.   Mar 17 Juil - 11:29

Les forces spéciales ne peuvent pas se substituer aux forces classiques



LE MONDE | 16.07.2012



Par Henri Poncet, officier général en 2e section, commandant les opérations spéciales de 2001 à 2004
Certains blogs
se sont faits récemment l'écho d'un renforcement significatif de nos
forces spéciales (FS) par un transfert d'effectifs et de capacités de l'armée de terre ou de l'armée de l'air au profit du commandement des opérations spéciales (COS).

C'est bien évidemment méconnaître la nature des missions des FS. Il
faut plusieurs années de formation, d'entraînement et de mise en place
d'équipements spécifiques, après un changement radical du profil de la
ressource humaine, pour transformer une unité classique et son armée d'origine, terre, air ou mer, en une unité spéciale.

En fait, contraintes budgétaires obligent et avec la confusion
entretenue par les "experts" sur la réalité des missions des FS,
ressurgit une fois de plus l'idée qu'une augmentation significative de
ces FS permettrait de réduire les effectifs des forces dites classiques.

Aujourd'hui, le COS peut compter
sur une composante FS interarmées de près de 3 600 hommes soutenue par
les trois armées. Cela peut paraître très limité par rapport au 65 000
hommes des Etats-Unis. Mais c'est d'abord oublier
que les FS américaines sont une quatrième armée avec tout son
environnement, et que les unités du même type que les nôtres
représentent en réalité moins de 15 000 hommes. Le ratio de nos FS par
rapport aux effectifs de notre armée est donc sensiblement identique à
celui des Américains, comme aussi celui du Royaume-Uni.

C'est aussi ignorer que les modes d'action et les équipements des FS ne les destinent en aucun cas à accomplir
les missions conventionnelles dévolues aux forces classiques : pas de
blindés, pas d'artillerie, pas d'avions de combat, pas de navires, pas
de capacités d'occupation prolongée.

C'est enfin et surtout évacuer tout ce qui a présidé à leur création
il y a vingt ans : un outil à haute valeur ajoutée pour gérer les crises
ou faire
la guerre autrement, de façon autonome ou en complément des forces
classiques, souvent en amont et parfois à coté de ces dernières.

Dans ce cadre, elles ont su, comme lors de leur engagement majeur resté confidentiel en Afghanistan en 2003 pendant près d'une année, remplir
avec succès et une grande discrétion de multiples missions sur terre,
sur mer et dans les airs. Elles ont certes parfois, à leur corps
défendant, mais dans une communication voulue par les autorités
politiques pour marquer la détermination de la France, fait la "une" des médias.

Leur format réduit et interarmées a facilité leur adaptation
permanente aux nouvelles menaces ou missions. En effet, les FS
s'inscrivent résolument dans des stratégies de créneaux, à l'inverse des
forces armées classiques.

Modes d'action et modalités d'engagement diffèrent profondément, et ce serait une erreur grossière que d'imaginer pouvoir substituer les unes aux autres à seule fin de justifier les réductions budgétaires à venir,
de réduire drastiquement les effectifs et de réorienter massivement les
crédits vers les industries de haute technologie. Ce fut la doctrine du
secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, au début des années 2000, malheureusement avec les piètres résultats que l'on sait obtenus en Irak où il a bien fallu se décider à contrôler le terrain.

Si la crise européenne actuelle ouvre sur un système fédéral combinant à la fois une politique monétaire et une politique budgétaire, le temps sera aussi venu de repenser l'Europe de la défense au sein d'une fédération dont les membres restent sans doute à compter pour ne pas commettre à nouveau l'erreur d'aller trop vite.

L'arme nucléaire, des forces classique crédibles et des capacités de projection constituent une partie de la dot que la France pourra apporter dans la corbeille de la mariée.



Henri Poncet, officier général en 2e section, commandant les opérations spéciales de 2001 à 2004
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MessageSujet: Re: Techniques de contre-insurrection.   Mar 17 Juil - 14:11

Un article trouvé sur le Net à propos de l'engagement aérien de l'Otan en Afghanistan.


Afghanistan et Libye : L'arme aérienne au cœur des combats

De Kaboul à Tripoli, retour sur dix
années de conflit. Récit des opérations. Bilan provisoire et
enseignements.

Depuis dix ans, les Forces aériennes
Françaises sont déployées en permanence sur des théâtres
d'opéra­tions de "temps de guerre". Dès l'automne
2001, des avions de reconnaissance stra­tégique, Mirage IVP et
des C-160GTransaU "Gabriel" d'écoutes survolaient
l'Afghanistan en prélude à l'opération "Héraclès" et à
l'engagement de six Mirage 2000D et de deux ravitailleurs KC-135FR
depuis le Kirghizistan. Dix ans plus tard, le 19 mars 2011, plus
d'une vingtaine d'ap­pareils de l'armée de l'Air, répartis en
cinq patrouilles de huit Rafale, deux Mirage 2000-5F, deux Mirage
2000D, un E-3F "Awacs" et six C-135FR, se projetaient à
plusieurs milliers de kilomètres de leur base pour engager en Libye
l'offensive aérienne contre les forces du colonel KadhafL

Cap sur Kaboul.

Avec les Etats-Unis et la
Grande-Bretagne, la France fait partie des rares pays qui ont assuré
une présence aérienne quasiment permanente au-dessus de l'Afghanistan
depuis le 2 mars 2002. Date à laquelle les Mirage 2000D basés à
Manas-Bichkek (capitale du Kirghizistan) effectuaient leur première
mission offensive sur le nord du pays : un transit de 1.500 km sur
les plus hauts sommets de l'Himalaya. Moins de quatre semaines après
les atten­tats de New York, les Etats-Unis étaient passés à
l'offensive. Le 7 octobre 2001, débutait l'opération "Enduring
Freedom" (OEF). Une pluie de missiles Tomahawk s'abattait durant
une semaine sur les "objectifs stratégiques" d'un des pays
les plus pauvres de la planète qui abritait les camps d'entraînement
du groupe ter­roriste Al-Qaida.

Faute de terrains disponibles en assez
grand nombre à proximité du théâtre d'opé­rations, les
bombardiers lourds de l'US Air Force, B-52H, B-1B et B-2A, avaient
décollé de Diego Garcia, dans l'océan Indien, ou de leur propre
base aux Etats-Unis. Au large des côtes pakistanaises, les F/A-18C/D des porte-avions de l'US Navy
apportaient un complément tactique avec les MC-130H venus d'Oman
qui, sous la protection d'AC-130 "Gunship", larguaient les
premiers "Rangers" dans la région de Kandahar. En moins de
deux mois, les sol­dats américains occupaient Kaboul. Aux
premiers jours de l'hiver, Kandahar, le fief des talibans, tombait à
son tour.

L'Amérique déploie sa force.

Comment la victoire a-t-elle pu être
aussi rapide ? En grande partie grâce à l'ampleur des moyens
aériens et à une organisation sans faille, qui s'appuie autant sur
le ren­seignement (satellites, drones, avions espions) que sur
une organisation centralisée dans un centre de commandement Air
(CAOC) venu s'installer à Al Udeid (Qatar) et qui, s'appuyant sur
les moyens d'infor­mation et de transmission du commande­ment
interarmées responsables du Moyen-Orient (US Central Command),
privilégie avant tout la réactivité. Avec relativement peu
d'hommes au sol, le commandement américain gérait et exploitait "en
boucle courte" toutes les capacités offertes par la "troisième
dimension". Pourtant, les aéronefs de la coalition
américano-britan­nique n'effectuèrent, d'octobre à fin
décem­bre 2001, que 200 sorties journalières. Mais, les
bombardiers lourds de l'US Air Force larguèrent à eux seuls près
des trois quarts des 17.500 munitions utilisées ! Face à un
adversaire notoirement sous-équipe, l'Amérique a déployé toute sa
technologie. Avec les missiles de croisière - tirés du ciel ou de
la mer -, c'est toute une panoplie d'armes de précision qui a été
engagée. Ainsi, durant les trois premiers mois d'"Enduring
Freedom", environ 60 % des armements air-sol utilisés furent
des systèmes à guidage laser et/ou GPS. Et ce pourcentage ira
croissant... Pour la première fois aussi, durant cette première
phase des opérations, il est fait mention de tirs de missiles
Hellfire depuis des drones MQ-1 Predator.

Opération "Anaconda".

Chassés des villes, les talibans se
sont retranchés dans la montagne. C'est là désormais qu'il faut
aller les chercher. Le Pentagone est convaincu qu'il existe des
multitudes de grottes, qui sont autant de repaires de combattants que
de dépôts d'armements profondément enterrés et astucieusement
camouflés.

En mars 2002, l'opération "Anaconda"
est lancée. Son but ? Déloger les talibans et faire en sorte qu'ils
ne puissent se replier que vers les zones tribales montagneuses de la
frontière pakistanaise. Américains et britanniques ne sont plus
seuls. Sous mandat de l'ONU, les Mirage 2000D de Manas (cf. A&C
n° 1838) appuient l'opération dans le nord du pays. Les F-16MLU
néerlandais, belges et danois viendront les renforcer.

Côté américain, l'opération
"Anaconda" engage d'importants moyens terrestres, aériens
et héliportés. C'est désormais à grande échelle que sont
utilisés des armements air-sol qui allient la précision à la
puissance. Aux "traditionnelles" bombes guidées lasers
GBU-12 et à leurs dérivés, s'ajoutent les récentes Jdam (Joint
Direct Attack Munition), à guidage GPS de 113 à 900 kg (GBU-29 à
32), utilisées pour la première fois au Kosovo en 1999. Ce guidage
GPS se retrouve aussi sur les bombes à sous-munitions WCMD (Wind
Compensated Munition Dispenser), que le Pentagone admet utiliser pour
la première fois en Afghanistan. Un type d'armement qu'on trouve
aussi bien sur les gros B-1B que sur les chasseurs-bombardiers F-15E
ou F-16C/D.

Mais, lorsqu'il s'agit d'aller chercher
l'ennemi au fond des grottes, FUSAF se surpasse. Des armes plus
effroyables encore apparaissent comme la GBU-28 baptisée "Bunker
Buster" ou l'énorme BLU-82 de près de 7 t, larguée sur
palette depuis un C-130H Hercules. '

Les ingénieurs américains ont pensé
à tout. Même à utiliser en altitude des détonateurs
thermobariques comme ceux adaptés sur la redoutable BLU-118 à
guidage laser, spé­cialement développée à l'occasion. Rien de
tout cela n'existe alors sur les Mirage 2000D français équipés à
la bâte d'emports bibombes pour GBU-12 de 250 kg guidées par des
nacelles de dési­gnation Adis H ou PDLCTS. C'est peu dire que
Washington n'avait pas fait grand-chose pour faciliter l'accueil de
l'armée de l'Air dans les anciennes Répu­bliques soviétiques.
Ces Mirage 2000D seront pour­tant les seuls "étrangers"
à participer directement, depuis le Kirghizistan, à l'appui
d'"Anaconda" !

Sous les cocardes.

En un mois, avec un taux de
disponibilité de 90 %, les six Mirage 2000D vont voler
quotidiennement et tirer 151 bombes guidées lasers. En certaines
circons­tances, leurs actions se révé­leront déterminantes.
Mais les avions de l'armée de l'Air ne sont pas les seuls chasseurs
français dans le ciel afghan. Six mois après % son admission en
service, le porte-avions "Charles-de-Gaulle" est arrivé
dans l'océan Indien. Venant du Sud après avoir survolé le
Pakistan, ses Super Etendard (SEM) sont eux aussi engagés, durant
plusieurs semaines, dans l'offensive aérienne de "Tora Bora"
et dans celle d'"Anaconda".

Pour la première fois aussi, le
"Charles-de-Gaulle" emmène avec lui des Rafale Marine au
standard Fl/Post LF1. Dotés uniquement de capacités air-air, ils ne
seront pas engagés au-dessus de l'Afghanistan mais assureront la
protection du groupe aéronaval. Les SEM de la Marine ajouteront
douze tirs de bombes BLU-111 au bilan offensif français. L'opération
"Anaconda" s'achève en avril. Elle est considérée comme
un succès. Bien que très médiatisées, les pertes alliées
(notamment en hélicoptères) sont faibles. Dans les mois qui
suivent, la situation militaire semble se stabiliser. L'aéroport de
Kaboul devient une immense plaque tournante pour le soutien
logistique des troupes de la coalition et des énormes bases
aériennes qui s'édifient dans le nord du pays, à Mazar-e Charif,
où s'installent les Tornado allemands dans le centre, à Bagram,
fief aérien des Etats-Unis et, dans le sud, à Kandahar, où une
immense base multi­nationale voit le jour. Dans un premier temps,
les avions de com­bat français quittent Manas en 2004 et le
Kirghizistan pour aller s'installer à Douchanbé, au Tadjikistan,
plus proche de la frontière afghane. L'aéroport de la capitale
tadjike est devenu le tremplin du ravitaillement français vers
l'Afghanistan. Le transport militaire a réalisé des prouesses en
installant un véritable pont aérien avec la métropole. A partir de
Douchanbé, les C-160TransaU et les C-130H Hercules du Cotam
déversent leurs cargaisons par-delà le massif himalayen. Les Mirage
2000D et aussi les Mirage F1CR y poursuivront leurs missions
quotidiennes de reconnaissance, d'escorte de convois et d'attaque, à
la demande du CAOC d'Aï Udeid qui gère désormais l'ensemble des
opérations dans lesquelles six à sept pays engagent des moyens
aériens au titre de la Force inter­nationale de sécurité
(ISAF), mandatée par PONU en marge.

Une victoire inachevée.

Au fil des saisons, la situation
militaire - combats en été, accalmies en hiver - donne l'image
faussée d'un calme relatif. La force internationale étend peu à
peu ses zones de responsabilité à l'ensemble du pays. La présence
aérienne, désormais perma­nente, met rapidement en exergue le
manque d'avions ravitailleurs. Les deux C-135FR français restés à
Manas sont rejoints par un vieux KDC-10 néerlandais. En cette année
2003, les aviateurs alliés s'adaptent à la nature des combats. Les'
cibles sont rares et équivoques. Des pilotes français opposent des
"refus de tirs" sur des objectifs jugés trop incertains.
En fait, chaque pays a ses propres règles d'engagement (ROE) qui
n'auront de cesse d'évoluer et de poser des problèmes de
coordination. Celles des Français, plus contraignantes, ne font pas
l'unanimité chez les Américains.

Peu à peu, imperceptible­ment, les
choses évoluent. L'offensive des talibans, au printemps 2005, marque
un tournant dans cette guerre. Un pilote de l'Aéronautique navale
résume alors la situa­tion : "Nous avons jusqu'à présent
cherché à isoler les talibans dans les montagnes. Aujourd'hui, ils
en sont des­cendus."

Les rebelles agissent par petits
groupes qui se dissi­mulent après l'action. Ils opèrent
désormais à proximité ou à l'in­térieur des zones urbaines,
dans des villages ou des hameaux au fond des vallées ou sur de hauts
plateaux. Toute la difficulté est de pouvoir les identifier et les
localiser. Avec le souci constant d'éviter tout dom­mage
collatéral sur les populations civiles et au sein des troupes
alliées.

Affiner les frappes.

C'est une nouvelle forme de guerre qui
commence. Depuis "Anaconda", la menace antiaérienne a
grandement diminué. Les missiles portables de type Stinger, SA-7,
SA-18 ou Mithaq (produits en Iran), dont on redoutait l'apparition,
ne font pas l'objet de tirs identifiés. Pour beaucoup d'experts,
cela tient du miracle. Ou plus simplement d'une technologie
particulière qui oblige à ne les utiliser qu'à coup sûr, sous
peine d'en décharger les batteries. Ce danger potentiel, comme celui
des canons anti­aériens ZSU-23/2, n'en reste pas moins pris en
compte notamment par les équipages d'hélicoptères qui ont aussi à
redouter les armes de petit calibre. Même si tous les avions de
combat engagés sont équipés de leurs propres systèmes de guidage
et de désignation de cibles, l'emploi des contrôleurs aériens au
sol devient qua­siment incontournable. Ce sont les fameux Jtac
(Joint Tactical Air Control), qui sont là pour identifier et
désigner précisément les objectifs aux armes lasers et/ou GPS des
bombardiers.

Avec eux apparaissent de nouveaux
concepts d'emploi systématique de l'arme aérienne, autant en
ter­rain découvert qu'en zones urbaines. Et, sur­tout, avec
les Jtac, les traditionnelles liaisons air-sol sont totalement
bouleversées. Les simples liaisons radio cryptées ou les échanges
de données cartographiques ne suffisent plus. Avec la liaison Rover,
les Etats-Unis imposent le transfert d'images entre l'avion et le
sol. A défaut,

il arrive aux militaires américains de
refuser l'intervention d'avions de la coali­tion qui n'en sont
pas équipés. Durant plusieurs mois, les Français - et quelques
autres - en font l'amère expérience...

L'amie aérienne s'adapte.

L'Afghanistan devient un champ
d'expé­rimentation technologique sans précédent depuis le
Vietnam. Les aviateurs travaillent à un rythme accéléré dans une
ambiance interannées et multinationale. Entre le CAOC d'Aï Udeid au
Qatar et le Joint Ope-rations Center (C.JOC) de Kaboul, une chaîne
de commande­ment complexe mais réactive s'est mise en place pour
gérer, à plus ou moins long terme et en temps réel, une centaine
d'aéronefs sur un territoire grand comme une fois et demie la
France. Sans compter la multi­plication des drones de
surveillance (ISR) ou d'attaque (de type MQ-1 Predator ou MQ-9
Reaper) pilotés depuis les Etats-

Unis et qui n'apparaissent pas sur les
ordres de mission (ATO - AirTasking Order) distribués aux pilotes
alliés. Le rythme des interventions s'accélère de manière
spectaculaire. Pour les seuls aéro­nefs américains (hors les
drones), le nombre de sorties va presque doubler, passant de 6.500 en
2004 à près de 13.000, trois ans plus tard. Moins de 100 bombes ont
été tirées en 2004 : on en compte 3.000 en 2007 ! Pourtant, c'en
est fini des tapis de bombes. On parle désonnais de CAS (dose Air
Support). Les chasseurs interviennent en appui-feu dans les combats,
ou en urgence lorsqu'une unité terrestre est "au contact"
(TIC), sous le feu des insurgés. Tous les schémas "classiques"
de la guerre aérienne se trouvent bouleversés par la nature
multiforme et asymétrique des combats qui se focalisent sur la
dimension air-sol. Au point que, même les avions radars doivent
s'adapter en ajoutant à leur fonction de contrôleurs aériens une
capacité de contrôle tactique des bombardements. En prise directe
avec la bataille terrestre, les E-2C Hawkeye du "Charles-de-Gaulle"
passent ainsi leur baptême du feu. Les chasseurs, quant à eux,
expérimentent de nouvelles formes d'intervention à carac­tère
dissuasif. La plus courante est le "show of présence"
(démonstration de présence) qui consiste en des passages en
supersonique à une altitude d'environ 5.000 ft (1.500 m) sur des
zones "douteuses" ou considérées comme telles. Si cela ne
suffit pas, l'altitude minimale peut être ramenée à 300 ft (100 m
!) pour un unique passage baptisé "show of force"
(démonstration de force), à près de 1.000 km/h !

Une vaste panoplie ISR.

De manière plus inattendue encore, à
partir de 2006, les moyens aériens sont engagés dans la lutte
contre la menace que font peser, sur les approvisionnements et les
troupes au sol, les engins explosifs improvisés (IED), déclenchés
à distance avec de simples téléphones portables. Les puissants
EA-6B Prowler de guerre électronique ratissent, de jour comme de
nuit, les grands axes routiers avant le passage des convois. L'arme
aérienne fait aussi preuve d'une étonnante capacité d'adaptation
dans le domaine du renseignement : frapper au plus juste en
minimisant les risques néces­site, en temps réel ou différé
et par anticipation ; avoir une connaissance approfon­die du
terrain, des zones sensibles et de leur environ­nement. D'où une
recrudes­cence, sur le théâtre afghan, de moyens (avions et
drones) dédiés au renseignement : du gros Boeing RG135 de veille
électronique au plus petit des drones tactiques d'ob­servation.
La panoplie est large qui inclut bon nombre d'engins non pilotés
(UAV), du gros RQ-4 Global Hawk au petit Scan Eagle, en passant par
les drones Harfang que déploie l'armée de l'Air depuis 2009 sur la
base de Bagram, au nord de Kaboul. Des moyens qui s'ajoutent aux
performances sans cesse croissantes des nacelles à senseurs
infrarouges ou électro-optiques desTornado allemands (jusqu'en 2010)
et britanniques, des Rafale F3 français (relocalisés par
intermittence aux côtés de Mirage 2000D ou de F1CR sur la base de
Kandahar), des F/A-18E/F Super Hornet, des AV-8B Harrier ou des F-15E
américains.

Sans oublier des aéronefs plus
complexes et plus mys­térieux encore, comme PAstor BD-700
britannique, PE-8 Jstars de FUSAF - capa­ble de suivre jusqu'à
800 cibles au sol ! - et le célèbre avion-espion U-2S (version
Syers - Senior Year Electro-Optical Reconnaissance System) qui opère
en toute discrétion depuis la base d'Al-Dhafra aux Emirats arabes
unis.

Plus précis et moins destructeur.

Les forces de la coalition sont
passées, en Afghanistan, d'une guerre classique à une lutte
anti-insurrectionnelle et antiguérilla, dont elles découvrent la
multiplicité des formes. En 2002, lors des opérations lancées
contre les grottes de Tora Bora, il s'agissait de disposer des bombes
les plus lourdes ) et les plus dévastatrices... Aujourd'hui, les
combats à la lisière des villages, et parfois même des villes,
imposent de nou­veaux armements, tout aussi coûteux mais à la
fois plus précis et moins destructeurs ! Des armements air-sol
modulaires, à l'image de l'AASM (Sagem), monté sous Rafale, ou du
Brimstone (NBDA), sous Tornade GR.4, font leurs preuves sur le
théâtre afghan. Toutes les solutions sont passées en revue : de
l'emploi du canon, à Pemport de roquettes.

Les troupes au sol mesurent elles aussi
l'importance de la "troisième dimension". Plus aucune
opération d'envergure ne s'ef­fectue sans le soutien direct de
forces héli­portées. Les fantassins ne se contentent plus de
voir passer les drones. Désormais, ils les utilisent eux-mêmes. En
marge des drones tactiques (comme le SDTI français de Sagem),
confiés aux artilleurs, les mini-drones (à l'image du Drac d'EADS)
sont "les yeux déportés" du soldat au-delà de la
colline.

De Kaboul à Benghazi.

Les expériences et les enseignements
accu­mulés depuis dix ans en Afghanistan ont sans doute influé
sur la manière d'envisager positivement une intervention en Libye.
Deux facteurs ont conditionné ce nouvel engagement. D'abord, une
bonne connaissance du terrain ; ensuite, une juste appré­ciation
du risque.

Si, pour la plupart des pays
aujourd'hui partie prenante dans l'opération "Unified
Protector", les choses sérieuses ont com­mencé avec les
premiers bombardements français du 19 mars 2011, pour certains
aviateurs c'est la date du 17 mars qui, véri­tablement, marque
le déclenchement des opérations militaires (voir encadré page 76).
Durant cette première phase, les avions d'"Harmattan" ont
totalisé 135 heures de vol, dont 90 heures pour les seuls appareils
de combat. En fin de jour­née, plusieurs blindés (entre quatre
et dix) des forces du colonel Kadhafi sont annon­cés comme
"détruits" aux abords de Benghazi Tous les avions
regagnent leur base de départ ou se regroupent sur celle de
Solenzara, promue au rang de "porte-avions terrestre" par
l'armée de l'Air.

A la tombée de la nuit, une guerre
aérienne "plus conventionnelle" prend le relais avec les
premiers Tomahawk américains et bri­tanniques lancés de la mer
et les Storm Shadow tirés à longue distance (quelques centaines de
kilomètres) par quatre Tornado GR.4 venus de la lointaine base RAF
de Marham (Norfolk). Sont alors directement visés les installations
radars, les grands centres de contrôle et de commandement "durcis"
et les principales bases aériennes côtières. Au matin du 20 mars,
l'offensive loyaliste sur Benghazi est stoppée. Les insur­gés
découvrent, à la périphérie de la ville, les carcasses fumantes
d'une quarantaine de véhicules (chars, blindés, transports de
troupes, artillerie sol-air, etc.) détruits durant la nuit par les
AV-8B Harrier embarqués de 1TJS Marine Corps et les F-15E de 1TJSAF
venus d'Aviano (Italie). Les armements Jdam ont, une fois de plus,
démontré leur mortelle précision. Tout comme les AASM, tirés par
les Fiançais à plus de 50 km de leurs cibles, et aussi les missiles
de croi­sière Scah>EG utilisés pour la première fois en
mission de guerre dans la nuit du 23 au 24 mars par des Rafale Air et
Marine. Après 90 jours de présence aérienne qua­siment
permanente pour la "protection des populations civiles",
l'alliance fait ses comptes. Depuis le 31 mars, date à laquelle les
opérations sont passées sous le contrôle militaire de l'Otan sans
la participation aux frappes des avions de combat de l'USAF et de
l'US Navy, il reste un peu moins de 200 appareils de dix-neuf pays
impliqués à divers titres dans "Unified Protector". Mais,
au total, six ou sept nations seulement acceptent d'intervenir, à
différents degrés, dans les phases purement offensives de
l'opération : la France, le Royaume-Uni, le Danemark, la Norvège,
le Canada, la Belgique et, tout récemment, l'Italie. A peine peut-on
ajouter à cette liste les Emirats arabes unis (EAU). A elle seule,
la France revendique entre 22 et 23 % de l'activité aérienne et
entre 30 et 35 % des frappes dynamiques ou statiques. Etant entendu
que, parmi les six ou sept pays qui bombardent, la moitié n'engagent
que des objectifs statiques. Pour le reste, les autres nations
opèrent en soutien de l'opération (logistique, transport,
ravi­taillement en vol, reconnaissance-rensei­gnement, etc.)
ou dans la mission première d'interdiction de l'espace aérien à
une avia­tion libyenne désormais inexistante !

Une volonté et des moyens.

A en croire le commandement des forces
de l'Otan en Europe, l'amiral américain James Stavridis, à la date
du 8 juin, "50 % des capacités militaires du colonel Kadhafi et
un millier de ses chars ont été détruits". D'autres vont
jusqu'à évoquer 80 %. A en croire certains diplomates euro­péens,
"il ne restera plus de cibles d'im­portance en Libye d'ici
quinze jours" ! Pour autant, la crise est loin d'être résolue.
Le pouvoir libyen joue la montre et la résis­tance peine à
s'organiser. Les forces loyalistes livrent une guerre de mouvements
et de guérilla urbaine. L'ensemble étant relati­vement bien
coordonné par des états-majors militaires enterrés. D'où, pour
les alliés, la double nécessité de bénéficier, en premier lieu
de moyens de renseigne­ments fiables, immédiats et fusionnés.
Non seulement autour des zones de combats et des approches maritimes,
mais aussi sur les grands axes d'approvisionnement du Sud libyen.
D'où, également, celle de disposer d'armements air-sol aptes à
traiter la diversité de ces objectifs. Autrement dit, de munitions
de précision et de faible puissance (combats urbains) et de bombes à
grand pouvoir de pénétration (objectifs enterrés ou durcis).

Or, parmi les forces aériennes
engagées dans les frappes, très peu, hormis le Royaume-Uni et, dans
une moindre mesure, la France, disposent d'une telle panoplie. Le
recours, par l'armée de l'Air, aux bombes inertes (appelées
improprement "bombes béton") est un pis-aller.

Le Rafale : une totale polyvalence.

L'échec des négociations menées
début juin par l'entremise de l'Union africaine a convaincu l'Otan
de passer à la vitesse supérieure.

Bien que récemment allégé, le
dispositif français de Solenzara (trois Mirage F1CR et sept Rafale,
auxquels s'ajoutent les Mirage 2000D et 2000N, ainsi que les Mirage
2000-5F de Souda, en Crête) n'en poursuit pas moins ses missions, de
jour comme de nuit, au même rythme. Les Rafale Air et Marine, en
contact permanent avec un avion radar Awacs ou E-2C Hawkeye,
béné­ficient de la Liaison 16 qui améliore leur réactivité
lorsque les objectifs en vol sont ; appelés à changer. De l'avis
des aviateurs, tout autant que des marins, les Rafale font preuve de
leur complète polyvalence en différentes configurations mixtes de
recon­naissance-combat air-air (Reco-NG/Mica EM/IR) ou d'attaque
au sol-combat air-air (AASM à guidage DSfS/GPS et laser). Qualités
que ne possède encore qu'une partie du parc des Typhoon
(Eurofighter) britanniques et italiens. Avec environ 20 à 25 % des
frappes, la Royal Air Force privilégie l'emploi desTornado GR.4,
pouvant emporter des bombes de pénétration à forte puissance ou
des armements plus légers de grande précision comme le Brimstone. A
défaut de disposer au sol d'unités consti­tuées de contrôleurs
aériens ( Jtac), Français et Britanniques ont opté-non sans
risques-pour l'envoi d'hélicoptères plus précis, car pouvant
opérer à plus basse altitude (sous les 4.500 m requis pour les
avions de com­bat), mais aussi plus vulnérables à des tirs de
lance-roquettes, de missiles portables et même d'armes légères
(cf. encadré). Entre le 19 mars et le 10 juin, les forces aériennes
alliées ont effectué près de 9.000 missions au-des­sus de la
Libye, dont environ 3.400 d'attaque proprement dite. Le tout avec un
parc dis­ponible variant de 350 à un peu moins de 200 aéronefs.

Tenir dans la durée.

Quels enseignements doit-on en tirer ?
D'abord, la confirmation que la puissance aérienne ne peut seule
emporter la décision, quelle que soit son efficacité. Sans
intervenir militairement au sol, POtan pensait pouvoir résoudre le
problème libyen en 90 jours.

Trois mois supplémentaires sont
désormais requis. Sans garanties... Le problème, pour l'ensemble
des forces aériennes engagées, se résume désormais en un mot :
tenir ! Or, toutes en sont conscientes : sans la puis­sance
américaine, ses ravi-tailleurs, ses moyens d'ob­servation, ses
structures de conduite et de commande­ment - sur lesquelles sont
calquées celles de l'Otan -, les forces multinationales engagées en
Afghanistan n'auraient pas la capacité ni d'alimenter et orchestrer
au quotidien un dispositif militaire complexe, ni, en Libye,
d'anticiper et de soutenir une action sur la durée. Les plus hauts
responsables militaires français le reconnaissent : "Nous
sommes en grande partie dépendants du bon vouloir des Etats-Unis
pour notre approvisionnement en munitions." "Tenir dans la
durée", c'est aussi disposer de réserves matérielles et
humaines suf­fisantes. Début juin, certains pilotes de Rafale
totalisaient déjà 130 heures de vol sur les 180 heures qui leur
sont allouées pour l'année. "Harmattan" mobilise
aujourd'hui 60 % des équipages de Rafale !




Le prix de la souveraineté.

L'arme aérienne (Air et Marine) a, une
fois de plus, affiché en Libye sa "dimension diplomatique"
en éclairant l'horizon des décideurs et en les confortant dans
leurs options. Cette capacité nécessite - nous l'avons vu en
Afghanistan et, notamment en Irak - un effort financier et une
adaptation matérielle permanente en terme; de connaissances
(satellites, drones moyens ISR). On estime à environ 1,4 M€ par
jour le coût de l'intervention française (moyens aériens,
maritime; soutien et approvisionnement). Soit, plu que les opérations
actuelles en Afghanistan (1,2 M€).

Longtemps la guerre dite asymétrique
été perçue de manière monolithique, pî opposition aux conflits
"anciens' Désormais, à la lumière des enseignements du
Kosovo, de F Afghanistan ou de la Libye la notion de "lutte
asymétrique" dévoïle plus largement encore la multiplicité
ses formes et de ses évolutions. Prévoir anticiper et agir ont un
prix : celui de souveraineté que confère la liberté de décision.
Bernard Bombe .Air Cosmos juin 2011.
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Yacinedz
Invité



MessageSujet: Techniques de contre-insurrection   Sam 26 Jan - 7:40

De nombreux auteurs se sont inspirés de Galula, un ancien officier de l'armée française qui a servi en Kabylie durant la guerre de libération nationale. Actuellement le livre de Galula sert de référence à certains stratèges et, il est étudié à West Point. Mais l'important, à mon avis, est que le travail de Galula est essentiellement basé sur son expérience en Algérie. Ce qui permet d'émettre des doutes sur l'efficacité de la "méthode" Galula dont, beaucoup de tacticiens, notamment américains, s'inspirent. En effet, Galula en partant de son expérience algérienne a mis sur pied ce qu'il croit être une théorie. Si on étudie la période et le contexte durant lesquels Galula a élaboré sa "méthode", on peut déduire que celle-ci n'est pas applicable de nos jours car, le monde a changé (contexte, revendications, mondialisation ...). On peut même avancer que les propositions de Galula sont un coup d'épée dans l'eau, pour preuve l'Algérie a fini par avoir son indépendance. Si j'utilise les terme de Galula, je dirais que les insurgés algériens ont fini par vaincre l'armée française et ses théoriciens.

Sa méthode a été appliquée par les Etats Unis dans le Sud-Vietnam, elle a échoué, elle est entrain d'être appliquée en Afghanistan, les Talibans sont entrain de revenir en force. La contre-insurrection est un sujet qui nécessite beaucoup d'espace et beaucoup d'intervenants pour pouvoir tenter une approche. On pourrait peut-être étudier une insurrection et proposer une contre-insurrection, mais de là à accoucher le concept de LA Contre-Insurrection c'est un pas que personnellement je ne franchirai pas.
Au Mali, il y a une guerre qui a été définie par ses initiateurs comme une guerre contre le terrorisme. Mais dans cette guerre contre le terrorisme, il y a une guerre contre-insurrectionnelle (rébellion touarègue). Les troupes françaises aidées par des miliciens africains, c'est le terme exacte, car les pays de l'Afrique de l'Ouest ne disposent pas d'armée, sont partis à la conquête des villes du Nord-Mali. Ils sont entrain de crier victoire! Ils se trompent, car dans ce cas précis la conquête du terrain n'est pas décisive. Le plus important, le plus décisif est la conquête de la population, est ce que les troupes françaises sont en bonne voie? l'avenir nous le dira.... des exactions contre les populations blanches (Arabe et Touareg) sont signalées ... qui vivra verra
 
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MessageSujet: Re: Techniques de contre-insurrection.   Sam 26 Jan - 7:57

les malien c'est des lâche il s'en prenne que a la population civil des autre ethni alors qu’il ce sont fait chasser par 3000 tango apré il v'on pleuré comme des victime -_- je comprend toute a fait les touarègue en totu cas j'espére que notre etat aidera les touarègue qui souffre énormément et les malien sont toujour stupide a penser que masacré les touarègue il v'on se sentir fort si l’Algérie était pas au frontiére et que on risqué pas d’être toucher je dirait que les malien mérite ce qui leur arrive -_- il on massacré la population touarègue et kan il se sent révolté contre eu il sont partie pleuré a la France et kan mama la France et arriver il font les fier on allan massacré la population c'est navrant sa -_-

_________________
vive l’Algérie pays des brave et maudissent les traître qui prétendent la défendre et qui l'enfonce
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MessageSujet: Re: Techniques de contre-insurrection.   

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Techniques de contre-insurrection.
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